Le bois du Risoux
Épicéa de résonance
Je cherche mes bois dans toutes les forêts, aussi loin qu'il le faut. Près de chez moi, je coupe moi-même, notamment dans le Risoux, avec le soutien de l'Office national des forêts. J'utilise aussi d'anciens stocks, achetés du côté de Rougemont, dans le Pays-d'Enhaut, en Suisse.
Les bois de la région
En ce moment, un projet me tient à cœur : construire des instruments et des archets avec les seuls bois d'ici. Buis, robinier, épicéa, hêtre, cerisier, érable. Tous poussent à quelques kilomètres de l'atelier.
Le choix de la grume
Tout commence là, au choix de la grume, bien avant le premier coup de gouge.
Je regarde le fil, je compte les cernes, je frappe le bois et j'écoute. Moins d'un arbre sur cent répond aux exigences d'un luthier. C'est une règle de métier, vérifiée à l'usage, plus qu'un chiffre mesuré.
Le Risoux, sur le massif du Jura
Le moment de la coupe
Le bois du Risoux a aujourd'hui une réputation mitigée, et le moment de la coupe y est pour quelque chose. La saison, la phase de la lune : c'est un savoir traditionnel largement oublié, longtemps tenu pour une simple croyance.
Ernst Zürcher, ingénieur forestier de l'EPFZ et professeur émérite à la Haute école spécialisée bernoise, a pourtant mesuré un effet. Sur l'épicéa, la date d'abattage fait varier le comportement du bois au séchage, faiblement, mais de façon statistiquement significative.
E. Zürcher, R. Schlaepfer, M. Conedera, F. Giudici, « Looking for differences in wood properties as a function of the felling date », Trees, vol. 24, 2010, p. 31 à 41.
Peu de chose pour une planche ordinaire. Beaucoup pour une table d'harmonie. C'est dans cet esprit que je choisis mes grumes.
